{"id":5260,"date":"2025-06-30T13:23:27","date_gmt":"2025-06-30T11:23:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/?p=5260"},"modified":"2025-06-30T13:23:27","modified_gmt":"2025-06-30T11:23:27","slug":"cap-sur-okinawa-pikachu-sprach-deutsch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/2025\/06\/30\/cap-sur-okinawa-pikachu-sprach-deutsch\/","title":{"rendered":"Cap sur Okinawa, Pikachu sprach Deutsch ?"},"content":{"rendered":"<div  class='flex_column av-av_one_full-db3c685d37a83d385059f6f31cd9c4a7 av_one_full  avia-builder-el-0  avia-builder-el-no-sibling  first flex_column_div  '     ><p><section  class='av_textblock_section av-mciyvtam-47cdbe8c44063e5d3fb62edd4cdf96da '   itemscope=\"itemscope\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/BlogPosting\" itemprop=\"blogPost\" ><div class='avia_textblock'  itemprop=\"text\" ><p><span style=\"font-weight: 400;\">Okinawa n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pour moi une carte postale. Et c\u2019est plut\u00f4t normal puisque les cartes postales n\u2019existent pas (a part si on d\u00e9cide de les faire exister, occultant donc tout un pan du r\u00e9el). Elles sont des raccourcis esth\u00e9tiques et id\u00e9alis\u00e9s, souvent digitalement fig\u00e9s, qui g\u00e9n\u00e8rent des attentes que la r\u00e9alit\u00e9 ne pourra que trahir. Allez paf le type fait \u00e9tat de tout son optimisme ! Vous vous dites, \u00e7a commence bien &#8230; Et c&#8217;est que le d\u00e9but :-).\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Okinawa n\u2019est ni l&#8217;enfer, ni le paradis. Comme toujours. C\u2019est un paysage surprenant, une atmosph\u00e8re ambivalente, un carrefour d\u2019histoires (volontairement) oubli\u00e9es, un laboratoire n\u00e9ocolonial \u00e0 ciel ouvert, un d\u00e9cor de guerre et de plaies encore b\u00e9antes, symbole martyr d\u2019un c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s obscur du Japon.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Comme d\u2019habitude, ce que je propose ici n\u2019est pas un r\u00e9cit de voyage au sens classique du terme, il y en a d\u00e9j\u00e0 bien assez. Et je n\u2019aurais ni la pr\u00e9tention, ni l\u2019outrecuidance de croire que mes exp\u00e9riences m\u00e9ritent de se transformer en conseils. Je n\u2019ai pas envie d\u2019\u00eatre celui qui vous pr\u00e9cipite dans le gouffre de l\u2019attente et la chute qui l\u2019accompagne. Ce que je vous livre, c\u2019est plut\u00f4t un relev\u00e9 d\u2019atmosph\u00e8re, subjectif et forc\u00e9ment biais\u00e9e, ni vraie ni faux, parce que vue \u00e0 travers mon prisme.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Donner des conseils sur \u201cquoi faire\u201d, \u201co\u00f9 aller\u201d, c\u2019est \u00e0 mon sens une entreprise vaine, voire arrogante. Parce que \u00e7a rel\u00e8ve d\u2019une infinit\u00e9 d\u2019impond\u00e9rables, votre humeur, vos rencontres, le contexte, l\u2019instant. Ce genre de conseil risque surtout de vous \u00e9loigner de vous-m\u00eame et de vous mettre dans une posture d\u2019attente passive.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est toujours salutaire, je crois, d\u2019aller un peu plus loin que ce que la qu\u00eate de son propre bien-\u00eatre nous fait croire. Parce que cette qu\u00eate, aussi sinc\u00e8re soit-elle, m\u00e8ne souvent \u00e0 la corroboration. \u00c0 la confirmation de ce qu\u2019on voulait d\u00e9j\u00e0 entendre et de ce qu\u2019on \u00e9tait venu chercher. Et donc, parfois, \u00e0 une forme de malhonn\u00eatet\u00e9 intellectuelle, par \u201coccultation volontaire ou par m\u00e9connaissance\u201d. Une appellation qui devrait pouvoir figurer dans un chef d\u2019accusation, au m\u00eame titre que \u201cabus de biens sociaux\u201d, \u201cvol en r\u00e9union\u201d ou \u201cfaux et usage de faux\u201d (ahah, les chefs d\u2019accusations paraissent bien plus intelligents et \u00e9volu\u00e9s que ceux qui les commettent). Malheureusement (ou heureusement ?), la froideur prosa\u00efque de l\u2019Histoire me semble souvent \u00eatre une meilleure grille de lecture. Alors, Okinawa\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Bon, je vais commencer en mettant directement les pieds dans le plat. Pas de faux suspense. Ce qui a le plus retenu l\u2019attention de ceux qui me suivent sur Instagram, c\u2019est le moment o\u00f9 j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 les liens id\u00e9ologiques entre le Japon et le r\u00e9gime nazi. Je ne pensais pas que \u00e7a allait g\u00e9n\u00e9rer autant de r\u00e9actions, parce que je pensais que c\u2019\u00e9tait de notori\u00e9t\u00e9 publique \u2026 Il s\u2019agit ici d\u2019id\u00e9ologie au sens strict. Pas simplement d\u2019alliances militaires ou\u00a0 d\u2019opportunisme g\u00e9opolitique et contextuel comme chez Mussolini. Non, le Japon imp\u00e9rial a \u00e9t\u00e9 le seul v\u00e9ritable alli\u00e9 id\u00e9ologique d\u2019Hitler, partageant avec le nazisme une obsession profonde pour la hi\u00e9rarchie raciale, la puret\u00e9 ethnique, la grandeur de la nation et le mythe d\u2019un peuple \u00e9lu.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce qu\u2019on sait peu, et qu\u2019on dit encore moins, c\u2019est que la th\u00e9orie de la \u201crace Yamato\u201d au Japon pr\u00e9c\u00e8de historiquement la th\u00e9orie aryenne nazie. Ce n\u2019est pas une copie tardive. C\u2019est une doctrine enracin\u00e9e dans le nationalisme imp\u00e9rial japonais, fond\u00e9e sur l\u2019id\u00e9e que les Japonais \u201cde souche\u201d descendent d\u2019un peuple sup\u00e9rieur, uni par le sang, l\u2019empereur et la mission divine.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et dans cette logique raciale, les Okinawaiens (comme les autres peuples colonis\u00e9s) ont toujours fait figure de corps \u00e9tranger, \u00e0 \u00e9liminer.<\/span><\/p>\n<\/div><\/section><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-2  el_after_av_textblock  el_before_av_heading '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n\n<style type=\"text\/css\" data-created_by=\"avia_inline_auto\" id=\"style-css-av-mciywg5z-1ea6d3b8207e4f2e95e26c63535d68f0\">\n#top .av-special-heading.av-mciywg5z-1ea6d3b8207e4f2e95e26c63535d68f0{\npadding-bottom:10px;\n}\nbody .av-special-heading.av-mciywg5z-1ea6d3b8207e4f2e95e26c63535d68f0 .av-special-heading-tag .heading-char{\nfont-size:25px;\n}\n.av-special-heading.av-mciywg5z-1ea6d3b8207e4f2e95e26c63535d68f0 .av-subheading{\nfont-size:15px;\n}\n<\/style>\n<div  class='av-special-heading av-mciywg5z-1ea6d3b8207e4f2e95e26c63535d68f0 av-special-heading-h3  avia-builder-el-3  el_after_av_hr  el_before_av_hr '><h3 class='av-special-heading-tag'  itemprop=\"headline\"  >Nazi, before it was cool <\/h3><div class=\"special-heading-border\"><div class=\"special-heading-inner-border\"><\/div><\/div><\/div><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-4  el_after_av_heading  el_before_av_textblock '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n<section  class='av_textblock_section av-mciz2nj8-53e09061bfc39fb40d6944e62d97807b '   itemscope=\"itemscope\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/BlogPosting\" itemprop=\"blogPost\" ><div class='avia_textblock'  itemprop=\"text\" ><p><span style=\"font-weight: 400;\">Avant de devenir la \u201cpr\u00e9fecture d\u2019Okinawa\u201d, l\u2019archipel formait le Royaume des Ryukyu, un \u00c9tat souverain, tourn\u00e9 vers la Chine autant que vers le Japon, avec une culture, une langue, une architecture et une hi\u00e9rarchie qui lui \u00e9taient propres. Ce royaume a \u00e9t\u00e9 annex\u00e9 de force par le Japon \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, dans un processus de colonisation, qu\u2019on n\u2019ose pas toujours nommer ainsi. Mais s\u2019en est une, \u00e0 tous les niveaux.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">On a impos\u00e9 aux Ryukyuans la langue japonaise, les noms japonais, l\u2019\u00e9cole japonaise. On leur a inculqu\u00e9 l\u2019histoire japonaise comme unique r\u00e9cit. On leur a martel\u00e9 qu\u2019ils devaient cesser d\u2019\u00eatre \u201cautres\u201d pour pouvoir entrer dans l\u2019histoire du grand empire. C\u2019est ce que certains chercheurs appellent la \u201cjaponisation forc\u00e9e\u201d, une entreprise d\u2019effacement culturel, de d\u00e9construction identitaire, doubl\u00e9e d\u2019un racisme structurel tr\u00e8s clair.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et puisqu\u2019on parle d\u2019empire, rappelons que le Japon fut l\u2019une des plus grandes puissances coloniales d\u2019Asie. Violente, sanglante, souvent pass\u00e9e sous silence. De la Mandchourie (avec une grande partie de la Chine actuelle) \u00e0 la Cor\u00e9e, en passant par Ta\u00efwan, les Philippines ou l\u2019Indon\u00e9sie, le Japon a sem\u00e9 des champs entiers d\u2019horreur imp\u00e9rialiste, avec une violence qui n\u2019a rien \u00e0 envier \u00e0 celle des puissances europ\u00e9ennes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Quand la Seconde Guerre mondiale est arriv\u00e9e, Okinawa \u201ca pris tarif\u201d (comme on disait \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 on envoyait encore des wizz sur msn messenger). Feu d\u2019artifice. Bouquet final. Merci d\u2019\u00eatre venus. Plus de 150\u202f000 morts (soit plus d\u2019un tiers de la population), civils pour la plupart. Officiellement, il fallait ralentir l\u2019avanc\u00e9e des troupes am\u00e9ricaines pour retarder l\u2019invasion du Japon continental. Okinawa, c\u2019\u00e9tait la porte d\u2019entr\u00e9e et \u00e7a a servi de bouclier humain. Mais cette guerre a aussi permis une remise \u00e0 z\u00e9ro, une purge. Une pierre, deux coups &#8230; Retarder l\u2019ennemi, tout en \u201cnettoyant\u201d l\u2019int\u00e9rieur.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais ce que l\u2019on \u00e9voque encore moins, ce sont les politiques de suicide collectif, organis\u00e9es, encourag\u00e9es, parfois carr\u00e9ment ordonn\u00e9es par l\u2019arm\u00e9e japonaise elle-m\u00eame. Distribution de grenades \u00e0 des familles enti\u00e8res, pour \u00e9viter qu\u2019elles ne soient \u201ccaptur\u00e9es\u201d par les Am\u00e9ricains, sur fond de propagande (les autorit\u00e9s martelaient que les soldats de l\u2019oncle Sam torturaient, violaient et massacraient syst\u00e9matiquement les prisonniers, une narration infond\u00e9e mais diffus\u00e9e \u00e0 grande \u00e9chelle pour inciter \u00e0 la soumission totale et\/ou au suicide) et de chantage au d\u00e9shonneur.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ces \u201cgestes de sacrifice patriotique\u201d ont \u00e9t\u00e9 majoritairement r\u00e9serv\u00e9s aux Okinawaiens. Le Japon imp\u00e9rial, sur Okinawa, a fait ce que le IIIe Reich r\u00eavait d\u2019appliquer \u00e0 l\u2019Est de l\u2019Europe. Et \u00e7a, ce n\u2019est pas du fantasme. Ce n\u2019est pas une lubie. C\u2019est document\u00e9, enseign\u00e9 dans certaines facs japonaises, mais rarement mis sur la table \u00e0 l\u2019international. Parce que \u00e7a d\u00e9range. \u00c7a ne correspond pas vraiment au Japon de Squeezie et Pikachu.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et si j\u2019\u00e9tais un paillasson humain, je poserais la question comme certains individus le font si bien, <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">\u201cDonc tu soutiens un pays qui a fil\u00e9 des grenades \u00e0 des gosses pour qu\u2019ils se suicident ? S\u00e9rieusement ? Mais qui \u00eates-vous ?\u201d<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Avec une t\u00eate abominable, les yeux \u00e9carquill\u00e9s comme pour vous tenir en faction, la bouche un peu ouverte et le visage tremblant. Dans un m\u00e9lange de jouissance morale et de sup\u00e9riorit\u00e9. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Vous connaissez ces gauchistes endoctrin\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os, ces individus minables qui ne trouvent d\u2019apaisement que dans la destruction, comme pour se rappeler que leur existence n\u2019est qu\u2019un champ de ruines ravag\u00e9 par leur propre veulerie. Aveugl\u00e9s par leur besoin vital d\u2019\u00eatre dans le \u201cbon camp\u201d sans fournir aucun effort et sans que leur posture ne leur demande aucun sacrifice. Mais ils s\u2019y accrochent comme \u00e0 une bou\u00e9e de sauvetage id\u00e9ologique, sans quoi leur vie ne vaudrait plus rien, puisqu\u2019ils se sont effac\u00e9s \u00e0 son profit, justifiant tout par des causes ext\u00e9rieures et\/ou structurelles, comme ils font porter aux autres le poids de leur propre \u00e9chec existentiel. Cherchant la prochaine cause \u00e0 d\u00e9fendre valid\u00e9e par la doxa et Greta Thunberg, dans une posture de suivisme attentiste.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce qui me d\u00e9sole, ce n\u2019est m\u00eame plus leur id\u00e9ologie. J\u2019\u00e9prouve une vraie piti\u00e9 pour ces gauchistes fran\u00e7ais, champions toutes cat\u00e9gories d\u2019un progressisme suicidaire, bien loin devant tous leurs concurrents internationaux. Ils sont pulv\u00e9ris\u00e9s par une id\u00e9ologie mondialiste qui n\u2019a plus rien de \u201cgauche\u201d sinon le nom. Ce n\u2019est plus une pens\u00e9e, c\u2019est un crime contre l\u2019humanit\u00e9 pour aboutir \u00e0 une uniformisation identitaire et culturelle voulue par les \u00e9lites mondialistes et dont ils sont les idiots utiles, les marches pieds. Un simple voyage suffirait peut-\u00eatre \u00e0 les faire percuter le mur du r\u00e9el. Ils d\u00e9couvriraient alors que personne ailleurs ne pousse avec autant de volont\u00e9 le renoncement \u00e0 soi, \u00e0 son histoire, \u00e0 ses fondements. Ils se disent \u201cno borders\u201d mais passent leurs journ\u00e9es \u00e0 \u00e9voquer la Palestine (Greta est d\u2019ailleurs pass\u00e9e de la Palestine \u00e0 la Gay Pride de Budapest, l\u2019agenda des causes valid\u00e9es est bien rempli). La terre serait \u00e0 tout le monde, mais surtout \u00e0 certains. Et dans cette passion s\u00e9lective, aucun mot pour l\u2019Arm\u00e9nie, pour les chr\u00e9tiens pers\u00e9cut\u00e9s, pour le Liban ou pour les g\u00e9nocides silencieux. Leur combat est celui de l\u2019effacement. Pas celui du mal. Celui d\u2019eux-m\u00eames. Ils s\u2019imaginent sauver le monde alors qu\u2019ils n\u2019ont m\u00eame plus la d\u00e9cence de d\u00e9fendre ce qui les a fait na\u00eetre. Et c\u2019est l\u00e0 que le paradoxe devient risible, \u00e0 force de se battre contre eux-m\u00eames, ils pr\u00e9parent le terrain pour ceux qui les balaieront sans m\u00eame les regarder.<\/span><\/p>\n<\/div><\/section><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-6  el_after_av_textblock  el_before_av_heading '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n\n<style type=\"text\/css\" data-created_by=\"avia_inline_auto\" id=\"style-css-av-mciz5qz8-07688939fadf5db2e0f8969b7286ad83\">\n#top .av-special-heading.av-mciz5qz8-07688939fadf5db2e0f8969b7286ad83{\npadding-bottom:10px;\n}\nbody .av-special-heading.av-mciz5qz8-07688939fadf5db2e0f8969b7286ad83 .av-special-heading-tag .heading-char{\nfont-size:25px;\n}\n.av-special-heading.av-mciz5qz8-07688939fadf5db2e0f8969b7286ad83 .av-subheading{\nfont-size:15px;\n}\n<\/style>\n<div  class='av-special-heading av-mciz5qz8-07688939fadf5db2e0f8969b7286ad83 av-special-heading-h3  avia-builder-el-7  el_after_av_hr  el_before_av_hr '><h3 class='av-special-heading-tag'  itemprop=\"headline\"  >La repentance est un privil\u00e8ge occidental<\/h3><div class=\"special-heading-border\"><div class=\"special-heading-inner-border\"><\/div><\/div><\/div><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-8  el_after_av_heading  el_before_av_textblock '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n<section  class='av_textblock_section av-mciz539n-226cc76c3b5742e394969db4ee22a0d8 '   itemscope=\"itemscope\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/BlogPosting\" itemprop=\"blogPost\" ><div class='avia_textblock'  itemprop=\"text\" ><p><span style=\"font-weight: 400;\">Tr\u00eave d\u2019anti-gauchismerie, car \u00e0 Okinawa et au Japon \u00e7a ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9 l\u00e0. En 1948, le Japon a adopt\u00e9 une loi de protection eug\u00e9nique. Elle autorisait officiellement la st\u00e9rilisation forc\u00e9e de personnes handicap\u00e9es, d\u00e9ficientes mentales, ou jug\u00e9es \u201cinaptes\u201d \u00e0 la reproduction. Le tout \u201cdans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9\u201d. \u00c7a a dur\u00e9 jusqu\u2019en 1996. Des milliers de jeunes, parfois mineurs, parfois sans consentement (certains consentaient sous la pression), st\u00e9rilis\u00e9s pour ne pas souiller la lign\u00e9e nationale. Ah c\u2019est \u201cNazi friendly\u201d, sur instagram Goebbles aurait partag\u00e9 la publication avec des \u00e9mojis enjou\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Alors oui, quand j\u2019entends certains bienpensants d\u2019Europe brandir le Japon comme un mod\u00e8le \u201c\u00e9quilibr\u00e9\u201d, \u201czen\u201d, \u201csage\u201d, alors qu\u2019ils hurlent au fascisme d\u00e8s qu\u2019on \u00e9voque le mot \u201cidentit\u00e9\u201d ou \u201cnation\u201d. Mais donc un pays qui a b\u00e2ti sa modernit\u00e9 sur une \u00e9puration identitaire et ethnique, une obsession raciale, des suicides collectifs, des st\u00e9rilisations forc\u00e9es jusqu\u2019aux ann\u00e9es 90, \u00e7a, \u201cc\u2019est OK ?\u201d. C\u2019est une safe place ?\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">S\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019Histoire sans \u0153ill\u00e8re, sans filtre id\u00e9ologique ni m\u00e9moire s\u00e9lective, permet de constater une chose simple, les gauchistes occidentaux ont une obsession quasi pathologique pour la culpabilit\u00e9 fran\u00e7aise et europ\u00e9enne, comme si le monde entier n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 travers\u00e9 par les m\u00eames dynamiques de pr\u00e9dation, d\u2019expansion, de domination.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Or, l\u2019Histoire mondiale, dans sa grande brutalit\u00e9, montre une r\u00e9alit\u00e9 universelle, celle de l\u2019imp\u00e9rialisme g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, de l\u2019esclavage syst\u00e9mique, de la colonisation sans fronti\u00e8re g\u00e9ographique ni morale. Les civilisations ont toutes, \u00e0 un moment donn\u00e9, conquis, soumis, exploit\u00e9. Et \u00e0 ce jeu-l\u00e0, la France, ou m\u00eame l\u2019Occident en g\u00e9n\u00e9ral, sont loin d\u2019\u00eatre les plus violents ou les plus durables. Mais voil\u00e0, on n\u2019exige pas la m\u00eame repentance de tout le monde. Certains semblent avoir h\u00e9rit\u00e9 d\u2019un permis de tuer historique, d\u2019un passe-droit moral, comme si leurs crimes ne comptaient pas, comme si leur histoire n\u2019\u00e9tait qu\u2019une longue souffrance subie, jamais inflig\u00e9e. Ce n\u2019est pas seulement une erreur historique. C\u2019est un choix id\u00e9ologique. Et c\u2019est cette asym\u00e9trie dans la m\u00e9moire, cette indignation \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable, cette volont\u00e9 permanente d\u2019auto-flagellation \u00e0 sens unique, qui rend le d\u00e9bat toxique, creux, et profond\u00e9ment malhonn\u00eate.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le Japon imp\u00e9rial a institu\u00e9 des pratiques assimilables \u00e0 une forme moderne d\u2019esclavage, peu reconnues comme telles aujourd\u2019hui. Le cas le plus embl\u00e9matique reste celui des \u00ab femmes de r\u00e9confort \u00bb, des dizaines de milliers de femmes, majoritairement cor\u00e9ennes, chinoises, philippines, ou indon\u00e9siennes, enlev\u00e9es ou recrut\u00e9es de force pour servir dans des bordels militaires pendant la guerre. Une organisation syst\u00e9mique, valid\u00e9e par l\u2019\u00c9tat-major japonais, qui les r\u00e9duisait \u00e0 une fonction sexuelle pour l\u2019arm\u00e9e, dans des conditions de violence extr\u00eame et de d\u00e9tention prolong\u00e9e. Une institution de l&#8217;esclavage sexuel parfaitement logistique, ni\u00e9e ou minimis\u00e9e encore aujourd\u2019hui. Mais cette logique d\u2019exploitation ne s\u2019arr\u00eatait pas l\u00e0. Dans les territoires conquis l\u2019empire a aussi mis en place des syst\u00e8mes de travail forc\u00e9, faisant travailler sous la contrainte des civils et des prisonniers dans des mines, des usines ou pour la construction d\u2019infrastructures militaires (comme la tristement c\u00e9l\u00e8bre ligne de chemin de fer entre la Tha\u00eflande et la Birmanie). Ce traitement diff\u00e9renci\u00e9 des corps, selon leur origine, leur classe ou leur sexe, faisait \u00e9cho \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie raciale assum\u00e9e \u00e9voqu\u00e9e plus haut dans cet article, structur\u00e9e autour de la puret\u00e9 Yamato, qui justifiait \u00e0 la fois l\u2019exploitation, l\u2019humiliation et l\u2019effacement de ceux consid\u00e9r\u00e9s comme inf\u00e9rieurs ou p\u00e9riph\u00e9riques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">On va continuer avec l\u2019esclavage en terre d\u2019islam, aboli officiellement bien apr\u00e8s celui de l\u2019Occident, qui a perdur\u00e9 sous d\u2019autres formes. \u00c0 La Mecque, le march\u00e9 aux esclaves n\u2019a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9 qu\u2019en 1962 (Michel Drucker avait 20 ans), sous la pression internationale, notamment de l\u2019\u00c9gypte nass\u00e9rienne. La charia n\u2019a jamais clairement condamn\u00e9 l\u2019esclavage. Elle en encadre plut\u00f4t les modalit\u00e9s, entre acquisition, vente, h\u00e9ritage et affranchissement individuel. Ce flou juridique a emp\u00each\u00e9 toute abolition franche, notamment dans des pays comme la Mauritanie, o\u00f9 l\u2019esclavage est toujours une r\u00e9alit\u00e9 sociale, malgr\u00e9 plusieurs abolitions officielles (notamment 1905, 1981, 2007). Et ce, au nom d\u2019un droit islamique sunnite structurant, dans une soci\u00e9t\u00e9 encore tribale et in\u00e9galitaire. En Afrique subsaharienne, la traite n\u00e9gri\u00e8re arabo-musulmane, commenc\u00e9e au VIIe si\u00e8cle, a dur\u00e9 plus de 13 si\u00e8cles (quand le fameux commerce triangulaire a dur\u00e9 environ 3 si\u00e8cles). Les esclaves \u00e9taient achet\u00e9s via des razzias, ou captur\u00e9s dans des conflits. Certains royaumes africains comme le Dahomey (sud de l\u2019actuel B\u00e9nin) ont m\u00eame b\u00e2ti leur puissance sur ce commerce, vendant des captifs \u00e0 des marchands europ\u00e9ens&#8230; ou \u00e0 d&#8217;autres Africains.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Aujourd\u2019hui encore, l\u2019esclavage se perp\u00e9tue sous d\u2019autres formes. Dans la suite de ce voyage, apr\u00e8s Okinawa, \u00e0 Hong Kong, j\u2019ai vu de mes propres yeux une forme abominable d\u2019esclavage moderne. Les domestiques philippines ou indon\u00e9siennes, sous couvert de contrats de travail l\u00e9gaux (c\u2019est encadr\u00e9), vivent dans des conditions indignes, priv\u00e9es de jours de repos, dormant parfois dans des couloirs ou dans des placards (ou ce qu\u2019on appelle les coffin cubicle), surveill\u00e9es, exploit\u00e9es, dans une indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale absolument gla\u00e7ante. Une servitude contemporaine, document\u00e9e, visible, normalis\u00e9e tol\u00e9r\u00e9e, parfois m\u00eame d\u00e9fendue, au nom de la tradition ou de la n\u00e9cessit\u00e9. Et l\u00e0 encore, pas de tribunal m\u00e9moriel, pas d\u2019associations en boucle sur les plateaux, pas d\u2019intellectuels en transe pour d\u00e9noncer cette violence syst\u00e9mique. Parce que \u00e7a ne colle pas avec la bonne cible.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Alors oui, on exige de la France une repentance illimit\u00e9e, sans prescription, sans nuance, sans contextualisation. Mais personne ne demande des comptes aux soci\u00e9t\u00e9s qui ont pratiqu\u00e9 l\u2019esclavage plus longtemps, plus brutalement, ou qui en gardent encore les traces structurelles aujourd\u2019hui. Le v\u00e9ritable ethnocentrisme, c\u2019est peut-\u00eatre celui qui consiste \u00e0 croire que seule l\u2019Occident a des comptes \u00e0 rendre. Et \u00e0 ignorer que dans bien des r\u00e9gions du monde, l\u2019esclavage a \u00e9t\u00e9 \u201cl\u00e9galis\u00e9\u201d, sacralis\u00e9, codifi\u00e9 non pas aboli par morale, mais recycl\u00e9 sous des formes acceptables, au nom de la religion, du clan ou du silence diplomatique.<\/span><\/p>\n<\/div><\/section><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-10  el_after_av_textblock  el_before_av_heading '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n\n<style type=\"text\/css\" data-created_by=\"avia_inline_auto\" id=\"style-css-av-mciz6tg7-72b7d459194caa72f43d5caffc1b8623\">\n#top .av-special-heading.av-mciz6tg7-72b7d459194caa72f43d5caffc1b8623{\npadding-bottom:10px;\n}\nbody .av-special-heading.av-mciz6tg7-72b7d459194caa72f43d5caffc1b8623 .av-special-heading-tag .heading-char{\nfont-size:25px;\n}\n.av-special-heading.av-mciz6tg7-72b7d459194caa72f43d5caffc1b8623 .av-subheading{\nfont-size:15px;\n}\n<\/style>\n<div  class='av-special-heading av-mciz6tg7-72b7d459194caa72f43d5caffc1b8623 av-special-heading-h3  avia-builder-el-11  el_after_av_hr  el_before_av_hr '><h3 class='av-special-heading-tag'  itemprop=\"headline\"  >Le 9.3 avec des poissons clowns<\/h3><div class=\"special-heading-border\"><div class=\"special-heading-inner-border\"><\/div><\/div><\/div><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-12  el_after_av_heading  el_before_av_textblock '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n<section  class='av_textblock_section av-mcizfs0a-61cbe4913abd74537ba69a02d59436e3 '   itemscope=\"itemscope\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/BlogPosting\" itemprop=\"blogPost\" ><div class='avia_textblock'  itemprop=\"text\" ><p><span style=\"font-weight: 400;\">Bref, cela \u00e9tant dit, un autre point majeur qui m\u2019a franchement interpell\u00e9, et dont on parle \u00e9tonnamment peu, c\u2019est la mochet\u00e9 de l\u2019\u00eele (qui n\u2019est pas la premi\u00e8re chose qui vient sur google image). Ou plut\u00f4t de l\u2019archipel. En tout cas, d\u00e8s qu\u2019on sort de la mer pour poser le pied sur le b\u00e9ton, on a l\u2019impression d\u2019atterrir dans une cit\u00e9 HLM tropicale. Naha, la capitale, est une succession de blocs gris\u00e2tres, sans \u00e2me, sans ligne directrice, sans coh\u00e9rence architecturale. On sent que tout a \u00e9t\u00e9 reconstruit dans l\u2019urgence, apr\u00e8s les destructions massives de la Seconde Guerre mondiale. Et surtout, on sent que la priorit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 mise sur le fonctionnel. \u00c0 \u00e7a s\u2019ajoute l\u2019explosion touristique r\u00e9cente. Il a fallu construire vite, loger, empiler, servir. R\u00e9sultat, un urbanisme utilitaire, sans harmonie, sans identit\u00e9. Ce qu\u2019on retrouve d\u2019ailleurs dans une grande partie de l\u2019Asie, mais ici c\u2019est d\u2019autant plus frappant qu\u2019on s\u2019attend \u00e0 une \u00eele \u201cparadisiaque\u201d. Le contraste entre les clich\u00e9s qu\u2019on nous vend et la r\u00e9alit\u00e9 sur place est saisissant.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et pourtant\u2026 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres \u00e0 peine de ces cubes de b\u00e9ton, sous l\u2019eau, c\u2019est une autre plan\u00e8te. Les fonds marins du Parc national des \u00eeles Kerama sont absolument stup\u00e9fiants. L\u00e0, pas besoin d\u2019effets de style, coraux vivants, tortues, poissons multicolores, eaux cristallines, le tout avec assez peu de touristes. \u00c0 Okinawa, m\u00eame \u00e0 deux m\u00e8tres du bord, masque et tuba suffisent pour plonger dans un fond d\u2019\u00e9cran Windows. C\u2019est une nature encore relativement pr\u00e9serv\u00e9e, en partie gr\u00e2ce \u00e0 la discipline japonaise, au respect des r\u00e8gles sur place, mais aussi parce que ce n\u2019est pas facile d\u2019acc\u00e8s, donc la masse ne vient pas. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais m\u00eame l\u00e0, le b\u00e9ton nous rattrape d\u00e8s qu\u2019on revient \u00e0 la surface. Sur certaines portions, les \u00eeles du parc, comme Zamami ou Tokashiki, affichent encore les stigmates visuels d\u2019une urbanisation sans charme, faite de structures disgracieuses, grises, mal int\u00e9gr\u00e9es. Pourtant, la nature laiss\u00e9e libre, brute, foisonnante, reprend vite le dessus. Une bonne partie de ces \u00eeles reste inhabit\u00e9e, ou \u00e0 peine touch\u00e9e, presque vierge. Des sentiers \u00e9troits s\u2019enfoncent dans une v\u00e9g\u00e9tation dense, des observatoires sont diss\u00e9min\u00e9s ici et l\u00e0. Par moments, on se sent presque comme un premier explorateur, seul au milieu d\u2019une jungle intacte, avec la mer en contrebas et les cris des oiseaux pour seule bande-son. La nature, quand on lui fout la paix, rattrape les erreurs humaines. Et elle le fait avec une \u00e9l\u00e9gance que nos murs de parpaing ne conna\u00eetront jamais.\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div><\/section><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-14  el_after_av_textblock  el_before_av_heading '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n\n<style type=\"text\/css\" data-created_by=\"avia_inline_auto\" id=\"style-css-av-mcizhhjp-637965a20ffd7abb0986ea244e742830\">\n#top .av-special-heading.av-mcizhhjp-637965a20ffd7abb0986ea244e742830{\npadding-bottom:10px;\n}\nbody .av-special-heading.av-mcizhhjp-637965a20ffd7abb0986ea244e742830 .av-special-heading-tag .heading-char{\nfont-size:25px;\n}\n.av-special-heading.av-mcizhhjp-637965a20ffd7abb0986ea244e742830 .av-subheading{\nfont-size:15px;\n}\n<\/style>\n<div  class='av-special-heading av-mcizhhjp-637965a20ffd7abb0986ea244e742830 av-special-heading-h3  avia-builder-el-15  el_after_av_hr  el_before_av_hr '><h3 class='av-special-heading-tag'  itemprop=\"headline\"  >Le syndrome de Stockholm<\/h3><div class=\"special-heading-border\"><div class=\"special-heading-inner-border\"><\/div><\/div><\/div><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-16  el_after_av_heading  el_before_av_textblock '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n<section  class='av_textblock_section av-mcizjpq5-bb4b34776e320f9870a5677b0c9b1865 '   itemscope=\"itemscope\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/BlogPosting\" itemprop=\"blogPost\" ><div class='avia_textblock'  itemprop=\"text\" ><p><span style=\"font-weight: 400;\">Et au milieu de tout \u00e7a, une pr\u00e9sence am\u00e9ricaine omnipr\u00e9sente, presque d\u00e9routante. Des bases militaires aux proportions absurdes, des McDonald\u2019s, des Starbucks, des cha\u00eenes de convenience stores \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine dans chaque recoin (Lawson, Seven Eleven, Family Mart \u2026). Le paysage est satur\u00e9 d\u2019Am\u00e9rique. Une admiration qui sent la reddition symbolique. Il n\u2019est m\u00eame plus n\u00e9cessaire que le drapeau am\u00e9ricain flotte sur les b\u00e2timents tant il est dans les t\u00eates. Dans les go\u00fbts, dans les habitudes de consommation, dans l\u2019urbanisme, dans la langue, dans les codes. C\u2019est le syndrome de Stockholm (d&#8217;ailleurs Clark Olofsson qui a fait na\u00eetre cette expression vient de mourir) ! Entre rejet discret et adoration implicite, c\u2019est \u00e0 l\u2019image de l\u2019archipel tout entier, contradictoire, fractur\u00e9, insaisissable.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Bien que ne repr\u00e9sentant qu\u2019une infime partie du territoire japonais, Okinawa accueille aujourd\u2019hui plus de 70 % des bases militaires am\u00e9ricaines implant\u00e9es au Japon. Une concentration sans \u00e9quivalent dans le monde. Les habitants de l\u2019\u00eele vivent au rythme des avions de chasse, des h\u00e9liports, des entra\u00eenements de troupes, des incidents a\u00e9riens et des accidents in\u00e9vitables. Des manifestations r\u00e9guli\u00e8res ont lieu, mais elles peinent \u00e0 peser face aux accords bilat\u00e9raux entre Tokyo et Washington.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ce trop-plein de pr\u00e9sence militaire alimente aussi les tensions r\u00e9gionales. La Chine, notamment, per\u00e7oit Okinawa comme un v\u00e9ritable bras arm\u00e9 am\u00e9ricain, un poste avanc\u00e9 mena\u00e7ant en mer de Chine orientale. P\u00e9kin d\u00e9nonce r\u00e9guli\u00e8rement cette militarisation et voit dans l\u2019\u00eele un symbole de la vassalisation g\u00e9ostrat\u00e9gique du Japon, align\u00e9 sur les priorit\u00e9s de Washington. Dans ce contexte, le gouvernement japonais a m\u00eame r\u00e9cemment \u00e9labor\u00e9 un plan d\u2019\u00e9vacuation des civils d\u2019Okinawa, en cas d\u2019escalade militaire ou de conflit r\u00e9gional. Un fait rarissime dans une d\u00e9mocratie moderne, qui en dit long sur la fragilit\u00e9 strat\u00e9gique de ce territoire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et puisqu\u2019on parle de contrastes, parlons-en franchement. On nous vend tr\u00e8s souvent Okinawa comme \u201cl\u2019\u00eele des centenaires\u201d, ce havre de long\u00e9vit\u00e9, ce laboratoire du bien-vivre, ce petit miracle humain sous climat tropical. Alors certes, \u00e7a fait joli sur une brochure ou un docu Netflix. Mais vivre cent ans dans un d\u00e9cor de blocs en b\u00e9ton et d\u2019\u00e9crans publicitaires, tr\u00e8s peu pour moi. Et surtout, \u00e7a sent un peu l\u2019argument marketing. Le fameux village d\u2019Ogimi, \u00e9rig\u00e9 en haut-lieu de la long\u00e9vit\u00e9 mondiale, est aujourd\u2019hui une destination touristique \u00e0 part enti\u00e8re, avec des structures d\u00e9di\u00e9es, des circuits balis\u00e9s, des prix plus \u00e9lev\u00e9s qu\u2019ailleurs. Il y a l\u00e0 une mise en sc\u00e8ne \u00e9vidente, une tentative de rentabilisation du mythe. Et forc\u00e9ment, \u00e7a soul\u00e8ve des questions \u2026 Quelle part de v\u00e9rit\u00e9 ? Quelle part de storytelling ? Est-ce vraiment si g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 ? Ou est-ce, encore une fois, un micro-ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9rig\u00e9 en embl\u00e8me ?\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div><\/section><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-18  el_after_av_textblock  el_before_av_heading '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n\n<style type=\"text\/css\" data-created_by=\"avia_inline_auto\" id=\"style-css-av-mcizkrio-bc8a8363ab8f31b9d3d5deb3283a98c1\">\n#top .av-special-heading.av-mcizkrio-bc8a8363ab8f31b9d3d5deb3283a98c1{\npadding-bottom:10px;\n}\nbody .av-special-heading.av-mcizkrio-bc8a8363ab8f31b9d3d5deb3283a98c1 .av-special-heading-tag .heading-char{\nfont-size:25px;\n}\n.av-special-heading.av-mcizkrio-bc8a8363ab8f31b9d3d5deb3283a98c1 .av-subheading{\nfont-size:15px;\n}\n<\/style>\n<div  class='av-special-heading av-mcizkrio-bc8a8363ab8f31b9d3d5deb3283a98c1 av-special-heading-h3  avia-builder-el-19  el_after_av_hr  el_before_av_hr '><h3 class='av-special-heading-tag'  itemprop=\"headline\"  >Pas 30 millions d\u2019amis<\/h3><div class=\"special-heading-border\"><div class=\"special-heading-inner-border\"><\/div><\/div><\/div><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-20  el_after_av_heading  el_before_av_textblock '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n<section  class='av_textblock_section av-mcizmfzu-645cd22b57a8fec6093cfe67f432d686 '   itemscope=\"itemscope\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/BlogPosting\" itemprop=\"blogPost\" ><div class='avia_textblock'  itemprop=\"text\" ><p data-start=\"280\" data-end=\"1188\">C\u2019est dans le petit mus\u00e9e local de Nago, ville du nord de l\u2019\u00eele principale, que j\u2019ai ressenti un autre choc. Il y a beaucoup de choses d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la chasse \u00e0 la baleine et aux dauphins (et oui, Flipper le dauphin se serait fait d\u00e9calquer l\u00e0-bas), avec une esth\u00e9tique de mus\u00e9e d\u2019histoire naturelle version 1970, mais teint\u00e9e d\u2019une nostalgie presque affective. \u00c7a ressemble \u00e0 une reconstitution d\u2019un \u00e2ge d\u2019or disparu\u2026 sauf qu\u2019il n\u2019est pas si disparu que \u00e7a. On m\u2019a confirm\u00e9 que la chasse \u00e0 la baleine continue, \u00e0 hauteur d\u2019une centaine de prises par an, m\u00eame si la consommation semble marginale. On m\u2019a aussi expliqu\u00e9 que la viande est grasse, peu digeste, parfois porteuse de m\u00e9taux lourds, et pas vraiment appr\u00e9ci\u00e9e au go\u00fbt. Alors pourquoi continuer ? Tradition ? Fiert\u00e9 ? Inertie culturelle ? Nationalisme alimentaire ? L\u00e0 aussi, on est dans un flou \u00e9trange entre pratique d\u00e9su\u00e8te et totem identitaire.<\/p>\n<p data-start=\"1190\" data-end=\"1881\">Et ce rapport particulier \u00e0 l\u2019animal ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. Dans les zoos ou les aquariums du pays, on retrouve une vision tr\u00e8s utilitaire, tr\u00e8s \u201cspectacle\u201d, de l\u2019animal. Il y a quelque chose d\u2019\u00e9trangement proche de ce qu\u2019on observe en Chine sur ces sujets, \u00e0 savoir une absence quasi totale de d\u00e9bat autour du bien-\u00eatre animal. Pas vraiment de prise de conscience, encore moins de remise en question. Quant \u00e0 la soupe de tortue ou autres \u201cd\u00e9lices\u201d du patrimoine culinaire, ils existent encore, plus en tant que symboles que comme consommation de masse certes.<\/p>\n<p data-start=\"1883\" data-end=\"2895\">Mais peut-on vraiment juger ces pratiques avec nos seuls filtres moraux ? Je ne sais pas. Je ne pense pas. Je ne suis m\u00eame pas s\u00fbr que ce soit souhaitable. Car au fond, toute culture porte ses angles morts, ses violences ritualis\u00e9es, ses traditions qui r\u00e9sistent \u00e0 la modernit\u00e9. La vraie question, peut-\u00eatre, c\u2019est pourquoi certains pays peuvent les pr\u00e9server sans jamais \u00eatre inqui\u00e9t\u00e9s, ni remis en cause. L\u00e0 encore, \u00e9tonnamment, pas un mot dans les discours vertueux qu\u2019on entend habituellement. Pas un mot chez ceux qui d\u00e9noncent tout sauf ce qui les d\u00e9range. Ceux qui hurlent au scandale d\u00e8s qu\u2019un pays d\u2019Europe prend une mesure souveraine, mais qui trouvent des excuses infinies \u00e0 tout ce qui se passe ailleurs, sous pr\u00e9texte \u201cd\u2019autre culture\u201d. Le Japon est devenu l\u2019exception qu\u2019on n\u2019ose pas critiquer. Peut-\u00eatre parce qu\u2019il fascine trop. Peut-\u00eatre parce qu\u2019il est trop \u201cpropre\u201d, trop poli, trop silencieux pour qu\u2019on ose l\u2019attaquer. Mais le silence, justement, est peut-\u00eatre son plus grand camouflage.<\/p>\n<\/div><\/section><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-22  el_after_av_textblock  el_before_av_heading '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n\n<style type=\"text\/css\" data-created_by=\"avia_inline_auto\" id=\"style-css-av-mcizn4zd-44333c54f796373ff2c7a9fd70854fa9\">\n#top .av-special-heading.av-mcizn4zd-44333c54f796373ff2c7a9fd70854fa9{\npadding-bottom:10px;\n}\nbody .av-special-heading.av-mcizn4zd-44333c54f796373ff2c7a9fd70854fa9 .av-special-heading-tag .heading-char{\nfont-size:25px;\n}\n.av-special-heading.av-mcizn4zd-44333c54f796373ff2c7a9fd70854fa9 .av-subheading{\nfont-size:15px;\n}\n<\/style>\n<div  class='av-special-heading av-mcizn4zd-44333c54f796373ff2c7a9fd70854fa9 av-special-heading-h3  avia-builder-el-23  el_after_av_hr  el_before_av_hr '><h3 class='av-special-heading-tag'  itemprop=\"headline\"  >Encore une fois &#8230; Politesse ou normalit\u00e9 ?<\/h3><div class=\"special-heading-border\"><div class=\"special-heading-inner-border\"><\/div><\/div><\/div><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-24  el_after_av_heading  el_before_av_textblock '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n<section  class='av_textblock_section av-mcizqhwl-1287478f31544dd00b27a16a598b3e9f '   itemscope=\"itemscope\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/BlogPosting\" itemprop=\"blogPost\" ><div class='avia_textblock'  itemprop=\"text\" ><p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 Okinawa, personne ne hurle \u201cWallah\u201d dans les bus. Personne ne balance du rap satur\u00e9 dans son enceinte JBL comme une d\u00e9claration de guerre au wagon entier. Pas de pieds sur les si\u00e8ges, pas de tags sur les murs, pas de tension permanente dans les regards. Il n\u2019y a pas ce climat d\u2019affrontement larv\u00e9, d\u2019hostilit\u00e9 flottante qu\u2019on respire trop souvent dans les transports en commun en France. Et pourtant, Okinawa est une soci\u00e9t\u00e9 fractur\u00e9e, on l\u2019a dit. Mais il n\u2019y a pas ce chaos soci\u00e9tal. Il n\u2019y a pas cette haine du pays, ce m\u00e9pris de l\u2019espace commun, cette volont\u00e9 de s\u2019imposer par la nuisance. Parce que oui, chez nous, ces comportements ne sont pas que du bruit. Ils sont des pr\u00e9ludes. Une mani\u00e8re de marquer un territoire, de poser un rapport de force, de tester les limites. Et quiconque s\u2019avise de relever la t\u00eate, de demander le minimum \u201cbaissez un peu le son\u201d, prend le risque du coup, de l\u2019humiliation, du lynchage. Ce n\u2019est pas simplement de l\u2019individualisme. C\u2019est de la pr\u00e9dation. C\u2019est une guerre symbolique permanente.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Un peu comme en Cor\u00e9e du Sud, dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 ailleurs, le Japon, et Okinawa en particulier, cultive une politesse de l\u2019effacement, cette forme de respect structurel, profond\u00e9ment ancr\u00e9e, fonctionnelle plus qu\u2019\u00e9motionnelle, qui ne dit pas forc\u00e9ment grand-chose des individus mais qui permet \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de tourner sans heurts. M\u00eame si, dans l\u2019ensemble, les individus m\u2019ont sembl\u00e9 beaucoup plus occidentalis\u00e9s qu\u2019en Cor\u00e9e, avec ce que cela suppose parfois de rapports plus transactionnels et de comportements plus individualistes. Il y a moins cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 spontan\u00e9e, presque na\u00efve, qu\u2019on peut ressentir en Cor\u00e9e, moins cette chaleur imm\u00e9diate, un peu insouciante, sans arri\u00e8re-pens\u00e9e. J\u2019ai parfois per\u00e7u, \u00e0 Okinawa, des tentatives discr\u00e8tes d\u2019arnaque ou de manipulation, qui, sans \u00eatre syst\u00e9matiques, t\u00e9moignent d\u2019une relation \u00e0 l\u2019autre un peu plus int\u00e9ress\u00e9e.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Comme la Cor\u00e9e, le Japon a compris quelque chose de fondamental, c\u2019est que le vivre-ensemble ne commence pas par des grandes th\u00e9ories ou des hashtags, mais par le maintien, la retenue, la discr\u00e9tion, le souci de ne pas d\u00e9ranger autrui.\u00a0 Et cela est rendu possible par un \u00e9l\u00e9ment qu\u2019on oublie trop souvent, il s\u2019agit de l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 culturelle et identitaire. Voil\u00e0 le d\u00e9nominateur commun, toujours. Le fil rouge des soci\u00e9t\u00e9s fonctionnelles, o\u00f9 le respect est automatique, o\u00f9 la violence n\u2019est pas omnipr\u00e9sente, o\u00f9 l\u2019espace public n\u2019est pas un terrain de confrontation permanent. Partout, sans exception, l\u2019harmonie repose sur une forme d\u2019uniformit\u00e9. Ce n\u2019est pas une opinion, c\u2019est un constat.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et pourtant. Et pourtant, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement bien re\u00e7u. J\u2019ai travers\u00e9 une bonne partie de l\u2019\u00eele en auto-stop, et \u00e0 chaque fois, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 des rencontres, des sourires, des gestes gratuits, des conversations improbables. C\u2019est ce que j\u2019appelle l\u2019ouverture par le quotidien. J\u2019appr\u00e9cie cette capacit\u00e9 qu\u2019ont certains peuples \u00e0 ne pas laisser leur histoire r\u00e9cente devenir un poids transmissible. \u00c0 ne pas faire porter leurs plaies sur les autres. Parce que oui, Okinawa est un territoire fractur\u00e9. Comme on l&#8217;a vu, occup\u00e9 jusqu\u2019aux ann\u00e9es 70 par l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine. Encore aujourd\u2019hui rempli de bases militaires. Et pourtant, on ne ressent pas ce clivage en surface. Il n\u2019y a pas de tensions visibles, pas de col\u00e8re flottante. Pas de regards en coin. Pas de ressentiment palpable. Alors est-ce que \u00e7a existe ? Est-ce que c\u2019est juste bien enfoui, bien r\u00e9prim\u00e9, bien cach\u00e9 ? Ou est-ce moi qui, avec mon prisme de Fran\u00e7ais p\u00e9tri d\u2019histoire, projette mes sch\u00e9mas sur une soci\u00e9t\u00e9 qui fonctionne autrement ? Peut-\u00eatre que je me trompe. Peut-\u00eatre que mon regard est biais\u00e9, id\u00e9ologique, franco-centr\u00e9. Mais en tout cas, mon exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 douce. Presque trop douce pour un lieu aussi violent dans son pass\u00e9. Une atmosph\u00e8re d\u00e9tendue, flottante, paradoxale.\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div><\/section><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-26  el_after_av_textblock  el_before_av_heading '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n\n<style type=\"text\/css\" data-created_by=\"avia_inline_auto\" id=\"style-css-av-mcizrh91-e2a7370221f8855a174cfb426675a36a\">\n#top .av-special-heading.av-mcizrh91-e2a7370221f8855a174cfb426675a36a{\npadding-bottom:10px;\n}\nbody .av-special-heading.av-mcizrh91-e2a7370221f8855a174cfb426675a36a .av-special-heading-tag .heading-char{\nfont-size:25px;\n}\n.av-special-heading.av-mcizrh91-e2a7370221f8855a174cfb426675a36a .av-subheading{\nfont-size:15px;\n}\n<\/style>\n<div  class='av-special-heading av-mcizrh91-e2a7370221f8855a174cfb426675a36a av-special-heading-h3  avia-builder-el-27  el_after_av_hr  el_before_av_hr '><h3 class='av-special-heading-tag'  itemprop=\"headline\"  >V\u00e9g\u00e9ta-vraiment-rien<\/h3><div class=\"special-heading-border\"><div class=\"special-heading-inner-border\"><\/div><\/div><\/div><br \/>\n<div  class='hr av-av_hr-91d7ccd583a503147498e120fee2ff9b hr-default  avia-builder-el-28  el_after_av_heading  el_before_av_textblock '><span class='hr-inner '><span class=\"hr-inner-style\"><\/span><\/span><\/div><br \/>\n<section  class='av_textblock_section av-mcizuscw-0cccca0bb0e40d37b4dca90951bcb0c4 '   itemscope=\"itemscope\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/BlogPosting\" itemprop=\"blogPost\" ><div class='avia_textblock'  itemprop=\"text\" ><p><span style=\"font-weight: 400;\">Enfin, je ne vais pas m\u2019\u00e9tendre ici sur le sujet du v\u00e9g\u00e9tarisme, parce que j\u2019en ai d\u00e9j\u00e0 longuement parl\u00e9 dans mon article sur la Cor\u00e9e, mais le Japon rend la vie tr\u00e8s difficile aux v\u00e9g\u00e9tariens, et ce, encore plus que la Cor\u00e9e. C\u2019est un fait. Il y a une forme presque de f\u00e9tichisme autour de la bonite, ce petit thon s\u00e9ch\u00e9, r\u00e2p\u00e9, fum\u00e9, pulv\u00e9ris\u00e9, r\u00e9duit en copeaux ou en poudre, qui finit litt\u00e9ralement partout : dans les nouilles, dans les l\u00e9gumes, dans les sauces, sur les plats d\u00e9j\u00e0 cuits\u2026 M\u00eame ce qui semble \u201cs\u00fbr\u201d pour un v\u00e9g\u00e9tarien ne l\u2019est que tr\u00e8s rarement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il faut aussi se m\u00e9fier des dashi, ces bouillons omnipr\u00e9sents. Un tofu peut avoir cuit dans un jus de porc. Des algues peuvent avoir mijot\u00e9 dans un fond de thon. Il faut \u00eatre vigilant, ou flexible. Ou les deux. Ou accepter de mourir nu sur un trottoir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais en r\u00e9alit\u00e9, j\u2019\u00e9tais aussi tr\u00e8s content que ce ne soit pas adapt\u00e9. Parce qu\u2019un pays n\u2019a pas \u00e0 se tordre dans tous les sens pour convenir \u00e0 une exception. Ce n\u2019est pas \u00e0 lui de s\u2019ajuster, c\u2019est \u00e0 moi de faire un effort, de trouver des marges, des alternatives. Et c\u2019est ce que j\u2019ai essay\u00e9 de faire. Pas dans la revendication, ni dans la plainte (parfois quand m\u00eame), mais dans l\u2019adaptation. Parce que c\u2019est aussi \u00e7a, voyager, ne pas attendre que tout vous ressemble, mais composer avec ce qui vous r\u00e9siste (parfois dans l\u2019\u00e9nervement, certes, je le conc\u00e8de ahah).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et puisqu\u2019on parle logistique, quelques mots pratiques. Les transports sur l\u2019\u00eele sont \u00e9tonnants. On croise des bus publics tout \u00e0 fait classiques qui, contre toute attente, traversent l\u2019\u00eele enti\u00e8re en plusieurs heures. Pas besoin de car r\u00e9gional, le bus urbain suffit. L\u2019autostop a aussi \u00e9t\u00e9 une vraie bonne surprise, facile, rapide, enrichissant (comme toujour, la personne qui vous prend \u00e0 souvent plus besoin de vous que l\u2019inverse). Je le recommande sans r\u00e9serve. C\u00f4t\u00e9 prix, Okinawa est plut\u00f4t abordable. Surtout si l\u2019on mange dans les konbini (les \u00e9piceries japonaises, pas l\u2019\u00e9mission d\u2019ultra gauche). Certaines zones restent difficiles d\u2019acc\u00e8s, peu desservies, peu d\u00e9velopp\u00e9es, avec une offre d\u2019h\u00e9bergement quasi inexistante, ce qui est plut\u00f4t positif. Et puis, beaucoup de points de vue, de plages, de criques sont privatis\u00e9s. C\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 ailleurs, au Costa Rica notamment, o\u00f9 la beaut\u00e9 naturelle se monnaye se se retrouve cl\u00f4tur\u00e9e, contr\u00f4l\u00e9e, exploit\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Allez voir par vous m\u00eame, ou n\u2019y allez pas, \u00e7a m\u2019importe peu.<\/span><\/p>\n<\/div><\/section><\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":5261,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,56],"tags":[],"class_list":["post-5260","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","category-reflexion"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5260","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5260"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5260\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5263,"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5260\/revisions\/5263"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5261"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5260"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5260"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lookingforserendip.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5260"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}